novembre-décembre 2025
Lors de notre voyage à vélo de 7 mois en Amérique du Sud, nous avons pédalé une partie de l’Argentine, de Paso Jama jusqu’à Belen, sur la Ruta 40. Cet itinéraire a représenté 893 km et nous y avons passé 50 jours, dont seulement 15 jours en selle et avec 3 semaines de pause à Buenos Aires pour le temps des fêtes de fin d’année. Voici notre récap.

ITINÉRAIRE
Voici notre itinéraire dans la carte interactive TravelMap. Nous avons fait du stop de Belen jusqu’à La Rioja puis, pris des bus La Rioja-Córdoba et Córdoba-Buenos Aires. Je reviendrai sur ce choix imprévu un peu plus loin (paragraphe « itinéraire »).
Retrouvez toutes nos traces GPX en détail sur Komoot (jour 76 à jour 125).

FRONTIÈRE
Nous sommes arrivés du Chili et sommes rentrés en Argentine à vélo à Paso Jama. Le passage de frontière consiste en une succession de bureaux, 8 au total, où chaque agent prend son temps, entre bavardage et cellulaire, avant de faire leur travail. Après le dernier bureau près de la barrière, nous repartons enfin, sans tampon dans nos passeports à notre grande surprise, les tampons étant informatisés en Argentine! Paso Jama est un tout petit village assez désolant et désolé, où il n’y a rien pour échanger de l’argent et très peu pour se ravitailler. Notre meilleure option a été de payer en carte un sandwich à la station essence et au café Full ultra moderne qui détonne avec les environs. Nous avions prévu un stock de nourriture suffisant pour se rendre jusqu’à Susques. Nous avons donc continué notre route pour camper plus loin.
VISA
Pas de visa à faire avec le passeport français.
ARGENT
En novembre et décembre 2025, les taux officiels et non officiels étaient très proches. Toutefois, les banques chargent des frais importants pour un retrait plafonné (environ 15$cad de frais bancaires pour 100 000 pesos argentins, soit 100$cad). L’option la plus intéressante est soit d’avoir de l’argent à échanger, soit de se faire un transfert avec Western Union. Les taux sont plutôt bons et les frais, pas trop élevés. Attention toutefois, dans certains villages, il peut être compliqué de retirer un envoi Western Union, les banques manquent de liquidité et les files d’attente peuvent être très longues. Peu après le passage de frontière, nous sommes arrivés à Susques, où nous avons pu trouver une épicerie où échanger nos bolivianos à un taux vraiment bas mais, c’était mieux que rien! L’autre option est de payer directement avec sa carte de débit ou crédit mais, certains commerçants appliquent des frais, jusqu’à 20-25%, et bien entendu, plus les villages sont petits et moins cette option existe.
CARTE SIM
Nous avons décidé de ne pas prendre de forfait internet en Argentine. Nous avons lu que Claro est une bonne compagnie.

ITINÉRAIRE ET ÉTAT DES ROUTES
Nous avons essentiellement roulé sur des routes asphaltées, qui sont vraiment en bon état.
Ruta 68 Salta à Cafayate ❤️: gros coup de coeur pour cette section qui traverse la Quebrada de las Conchas. Les paysages consistent en d’imposantes formations rocheuses, sculptées par l’érosion au cours de millions d’années. Ces formations présentent différentes couleurs et formes, créant un paysage spectaculaire à traverser à vélo. Au moment de camper, il est important de prendre en considération les possibles éboulements des parois (nous en avons été témoins un soir), ainsi que les crues. Si vous parlez avec les Argentins, tous vous diront « attention aux rios »: s’il se met à pleuvoir, les rivières sortent très rapidement de leur lit et l’eau se met à ruisseler partout. Un cycliste en a fait les frais en perdant une partie de son matériel à Alemania, parce qu’il avait campé à quelques mètres du bord de la rivière. Aussi, sur la route, vous verrez les traces des crues précédentes, très impressionnantes. Il est donc recommandé de ne pas dormir trop proche du bord de la rivière.







Ruta 40 Cafayate à Belen: la Ruta 40, cette fameuse route mythique qui appelle au voyage… peut-être avions-nous trop d’attentes, toujours est-il qu’après 300km sur cette route, nous commencions à sérieusement nous ennuyer. Oui, les paysages sont beaux. Mais, à un moment donné, c’est toujours la même chose. Et nous nous attendions à trouver plus d’aménagements, des aires de repos, des abris du soleil, des petits villages avec cafés, restaurants, etc. Au lieu de cela, ligne droite sur ligne droite se sont succédées. À chaque pause, la difficulté de trouver de l’ombre. Dans chaque village, la difficulté de trouver de quoi se nourrir. Ce sont principalement des kioscos chez des habitants qui ont très peu de stocks et de diversité alimentaire. Enfin, le vent de face… Nous ne nous attendions pas à devoir pédaler si fort autant en montée qu’en descente. Et, après avoir parlé avec d’autres cyclovoyageurs, ce fort vent est très courant. Arrivés à Belen, nous avons décidé de ne pas continuer jusqu’à Mendoza, notre plan initial, et de faire du stop direction Córdoba. Après tout, nous ne faisons pas notre voyage pour cocher des cases… Coup de cœur tout de même pour les thermes de Los Nacimientos ❤️.










Prendre le bus en Argentine avec son vélo🤯: voilà un sujet préoccupant quand les plans changent ou qu’on a du retard sur l’itinéraire. Prendre le bus avec son vélo est très compliqué en Argentine, merci la modernité! Si vous allez à un terminal de bus et que vous demandez aux agents qui vendent les billets, tous vous diront que les compagnies ne prennent pas le vélo dans le bus et qu’il faut payer un cargo séparé. Toutefois, ce qu’il se fait à l’arrière, directement au quai, est différent… Il faut repérer les numéros de quai pour la destination voulue au comptoir des vendeurs de billets. Regarder les horaires des bus, soit affichés au comptoir, soit sur internet. Puis, en se rendant directement au quai, il faut demander aux « maleterios« , ces gars qui chargent les bagages dans la soute des bus. Ils sont repérables parce que souvent, ils portent leur Tshirt « cooperativa de maleterios ». Ce sont eux qui décident du prix pour charger le vélo (qui va dans leur poche bien sûr). Lorsque le bus arrive, ils demandent au chauffeur s’il est ok mais, en parlant avec certains chauffeurs, on s’est rendus compte que les maleterios avertissent le chauffeur, pas plus. Les chauffeurs laissent la gestion du chargement des soutes aux maleterios. Une fois sur le quai, il est bon de défaire la roue avant du vélo, d’enlever toutes les sacoches et de rendre le tout le plus petit possible. Notre astuce: voyager avec 2 grands sacs en toile (ces fameux sacs à carreaux) où on met toutes nos sacoches lorsqu’on prend le bus.
À Cordoba, le ticket du bus Cordoba-Buenos Aires était entre 30 000 et 60 000 pesos. Le maleterio nous a demandé 30 000 par vélo (soit 30$cad!) pour le charger en soute. Autant dire, du racket. Mais, pas le choix à ce moment-là… C’est seulement quand le maleterio a vu avec le chauffeur et que c’est ok que vous pouvez alors acheter le billet du bus, soit auprès du chauffeur, soit en ligne, soit au guichet s’il reste du temps. C’est une situation assez stressante où l’incertitude plane jusqu’au bout.

NOURRITURE
Tous les Argentins vous le diront, la meilleure nourriture, c’est au nord qu’elle se trouve! Donc, si vous passez dans la région de Jujuy, régalez-vous. Car après, nous n’avons pas trouvé de bons plats. Milanesa, lomito, pizza, pâtes : les choix sont limités, américanisés et la nourriture manque de goût. Il s’agit là d’un avis personnel et nous nous ferons peut-être des ennemis en disant ça! Toutefois, après quelques recherches sur Internet et après avoir parlé avec quelques Argentins, nous avons compris qu’ils n’aiment pas les épices et qu’ils préfèrent manger nature, ce qui est loin de nos habitudes alimentaires.

LOGEMENT
L’offre de logement est vaste, du camping à la chambre d’hôtel avec piscine, avec chauffage ou clim, suivant la région. Sur la plupart des notre itinéraire, il était assez facile de trouver des campings sauvages.


BUDGET
Notre budget pour ces 7 mois en Amérique du sud est de 40$cad par jour pour 2 (soit 28.5$us ou 24.5€). En Argentine, il a été très difficile de tenir ce budget, entre les logements assez chers (à Purmamarca, la moyenne de la nuit tourne autour de 100$cad!) et la nourriture qui l’est tout autant.
Les bus sont aussi un poids qui pèse lourd dans le budget. Les trajets sont assez onéreux et les suppléments demandés pour charger les vélos en soute sont parfois équivalents à 50% du prix du billet.
Pour ce qui est de l’eau, elle est potable partout en Argentine. Nous remplissions donc nos gourdes dans les chambres d’hôtel ou aux robinets dans les parcs.

Voici quelques exemples de prix, il s’agit bien entendu d’une moyenne.
Bouteille d’eau 2,5L: 1,80$us / 2 500 pesos argentins
6 bananes: 1$us / 1 500 pesos argentins
1 fromage: 2,5$us / 3 500 pesos argentins
1 lomito: 7$us/ 10 000 pesos argentins

NOTRE EXPÉRIENCE
Nous vous partageons notre expérience ici, qui est bien personnelle et n’engage que nous.
Nous avons adoré le nord-ouest de l’Argentine, riche en paysages somptueux, en culture et en gastronomie. Les paysages changent du tout au tout : du désert de roche au désert de cactus, puis des forêts luxuriantes aux vignes. Nous avons aussi rencontré certaines communautés natives, comme les Quilmes, et en apprendre plus sur l’histoire peu connue des autochtones a été très enrichissant. Córdoba et Buenos Aires sont des villes magnifiques mais, modernes, on se croirait presque à Montréal ! Soyons honnêtes, les prix nous ont choqués. Certes, le $ canadien est bas au moment de notre voyage mais, nous ne nous attendions pas à avoir des logements entre 50 et 100$cad la nuit dans certaines villes touristiques. Et il en va de même avec la nourriture où les courses sont du même ordre de prix qu’au Québec. Malheureusement, en ayant un budget limité, le coût quotidien a pesé sur notre mental et notre expérience plus globalement. À côté de ça, nous avons adoré tous nos échanges avec les Argentins que nous avons trouvé faciles d’approche, ceci s’applique surtout en dehors des grandes villes. À Córdoba et surtout à Buenos Aires, nous avons ressenti beaucoup de craintes et de peurs des autres, au point où notre hôte AirBnB nous est passée devant, cyclovoyageurs bien reconnaissables que nous sommes, sans même nous regarder, et nous a laissés en bas de l’immeuble jusqu’à ce qu’on la contacte par message…



